Ter ES Saint Paul Ajaccio

les SES Au lycée Saint Paul à Ajaccio

08 mars 2007

stat des inégalités

là vous trouverez ce doc suivant

chaque lien donne des textes importants pour comprendre la réalité sociale actuelle et en plus cela est aussi une mise à jour des doc du livre de cours!

L'égalité entre les hommes et les femmes : entre avancées et résistances
Michel Glaude
Différentiels sociaux et familiaux de mortalité aux âges actifs : quelles différences entre les femmes et les hommes ?
Le diplôme est plus pertinent pour analyser les différences de mortalité chez les femmes que la catégorie sociale. Ces deux descripteurs sont complémentaires chez les hommes.
Christian Monteil et Isabelle Robert-Bobée
Homogamie socioprofessionnelle et ressemblance en termes de niveau d'études : constat et évolution au fil des cohortes d'unions
Une fois prises en compte les modifications de la structure de la population, l’évolution de l’homogamie socioprofessionnelle entre 1930 et 1999 est indéterminée. En revanche, la tendance à l’union entre personnes de même niveau d’études s’est amoindrie depuis 1950.
Mélanie Vanderschelden
L'implication des parents dans la scolarité des filles et des garçons : des intentions à la pratique
Aujourd’hui encore, les parents ont des ambitions scolaires différentes pour leurs fils et leurs filles. Ils les aident cependant autant pour leurs devoirs mais s’impliquent moins dans le suivi de la scolarité des filles, comptant sur leur autonomie.
Marie Gouyon et Sophie Guérin
L'activité féminine en France : quelles évolutions récentes, quelles tendances pour l'avenir ?
Si les tendances héritées du passé se poursuivent, les femmes devraient être de plus en plus actives sur le marché du travail au cours de leur vie. En revanche, compte tenu du chômage et du temps partiel, leur taux d’emploi en équivalent temps plein n’augmenterait plus.
Cédric Afsa et Sophie Buffeteau
L'écart des salaires entre les femmes et les hommes peut-il encore baisser ?
Depuis le début des années 1990, l’écart des salaires mensuels entre les femmes et les hommes est resté d’une étonnante stabilité. Une analyse approfondie montre qu’il est essentiellement dû à l’écart entre les temps de travail et les caractéristiques des emplois occupés.
Dominique Meurs et Sophie Ponthieux
Disparités de retraite entre hommes et femmes : quelles évolutions au fil des générations ?
Les écarts de pension entre hommes et femmes se réduisent au fil des générations mais restent importants, y compris pour les générations qui partiront à l’horizon de 2030. Les réformes des retraites de 1993 et de 2003 auraient légèrement freiné la réduction de ces écarts.
Carole Bonnet, Sophie Buffeteau et Pascal Godefroy

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06 mars 2007

paugam solidarité n'est pas charité

Le contrat social doit être réévalué à l'aune des nouveaux défis de la société française.

Solidarité n'est pas charité

Par Serge PAUGAM

QUOTIDIEN : mardi 23 janvier 2007

Par Serge PAUGAm directeur d'études à l'EHESS.

La question de la solidarité est souvent appréhendée comme une démarche individuelle sous la forme d'un engagement volontaire pour venir en aide à ceux qui souffrent. Elle incarne une action valorisée socialement, mais dont on aime à rappeler le caractère électif : «Solidaire, oui, mais seulement si je veux...» Les défenseurs de la pensée libérale classique, qui se méfient depuis toujours d'un Etat social bureaucratique gouverné par une administration jugée contraignante, ne peuvent qu'encourager ces formes spontanées et souvent généreuses de la solidarité privée. Ils sont relayés par tous ceux qui aujourd'hui déplorent une culture de la déresponsabilisation individuelle et vont, dans certains cas, jusqu'à dénoncer l'imposture des droits sociaux.

A l'opposé de cette conception, le solidarisme de Léon Bourgeois, tel qu'il a été pensé dès la fin du XIXe siècle, était fondé sur l'idée que la justice sociale ne peut exister entre les hommes que s'ils deviennent des associés solidaires en neutralisant ensemble les risques auxquels ils sont confrontés. La socialisation du risque qui avait ainsi pris le pas sur la notion de responsabilité individuelle apparaît aujourd'hui en recul. On assiste bien en France à une érosion du socle historique de l'Etat social. Les assurances sociales sont en réalité de moins en moins sociales. Les notions classiques d'universalité des droits, de prévention, de redistribution institutionnalisée sont peu à peu remplacées par des notions de responsabilité individuelle, de ciblage de la protection sociale, de prise en compte individuelle des besoins. On peut donc se demander si la solidarité, organisée sous la forme d'un contrat social, n'a pas déjà plus ou moins perdu la partie. Ce débat prend même des formes sophistiquées à chaque fois qu'il est question du financement de notre protection sociale. Mais ne risque-t-on pas aujourd'hui, en opposant ainsi de façon radicale la responsabilité individuelle et la responsabilité sociale, de perdre de vue ce qui constitue le fondement de toute société humaine.

Rappelons-nous les leçons d'Emile Durkheim et de Marcel Mauss. Selon ce dernier, le citoyen doit être ni trop bon et trop subjectif, ni trop insensible et trop réaliste. Il faut, disait-il, dans son célèbre Essai sur le don, qu'il ait un sens aigu de lui-même, mais aussi des autres, de la réalité sociale et qu'il agisse en tenant compte de lui, des sous-groupes, et de la société. En réalité, il ne peut exister de société humaine sans solidarité entre ses membres.

La vie en société place tout être humain, dès sa naissance, dans une relation d'interdépendances aux autres et la solidarité constitue à tous les stades de la socialisation le socle de ce que l'on pourrait appeler l' homo sociologicus, l'homme lié aux autres et à la société, non seulement pour assurer sa protection face aux aléas de la vie, mais aussi pour satisfaire son besoin vital de reconnaissance, source de son identité et de son existence en tant qu'homme. Mais le risque n'existe-t-il pas que cette interdépendance fonctionnelle soit méconnue et que les individus, à mesure que croissent leur autonomie et leur liberté, se sentent libérés de toute dette à l'égard des générations passées, peu sensibles au destin des générations futures, et hostiles à l'idée d'une redistribution à l'égard des plus défavorisés ?

Puisque chaque individu dépend des autres, la solidarité doit correspondre à une morale partagée par tous. Dans les sociétés modernes, cette morale passe par un contrat social. Or ce dernier a été défini à la fin de la seconde guerre mondiale. Il doit aujourd'hui être réévalué à l'aune des nouveaux défis auxquels la société française est confrontée : crise de la société salariale entraînant un risque accru de disqualification sociale de franges importantes de la population active ; inégalités entre les générations qui se traduisent par des difficultés accrues pour les jeunes de participer pleinement à la vie économique et sociale ; inégalités de genre ­ dans le travail, la rémunération et l'accès aux fonctions de responsabilités dans la sphère publique ­, lesquelles tardent à être reconnues et combattues ; discriminations à l'égard des immigrés et des Français d'origine étrangère ; ségrégations urbaines et scolaires qui suscitent un doute sur nos modèles d'intégration.

La solidarité correspond à une responsabilité à la fois individuelle et sociale. Ce sont deux dimensions qui se renforcent mutuellement. La liberté individuelle n'est atteignable, dans une société démocratique, qu'à la condition d'offrir à chacun la possibilité de l'exercer pleinement. Cette ambition passe par le recours à la notion de responsabilité sociale. Avant d'incriminer les plus faibles en les rendant responsables de leur sort, il faudrait se poser la question de la place des plus défavorisés dans le système social. Est-ce normal que les moins qualifiés soient aussi les moins protégés en termes de couverture sociale ? Est-ce normal que les enfants des milieux défavorisés soient condamnés à échouer dans le système scolaire sans avoir la chance d'acquérir les bases nécessaires à leur intégration sociale ? Est-ce normal que les moins qualifiés aient moins accès à la formation continue que les plus qualifiés ?

Pour renouveler le contrat social, il faut commencer par débattre. La France a besoin d'améliorer sa politique d'éducation et de formation continue pour donner à chacun de réelles chances d'être intégré dans la vie professionnelle. Elle a besoin d'une grande politique du logement social pour permettre enfin aux plus défavorisés d'avoir un toit. Elle a besoin d'un rééquilibrage des quartiers urbains pour désenclaver les territoires où se concentrent toutes les inégalités, les humiliations et les souffrances. Elle a besoin d'une politique sociale et éducative pour offrir à tous les enfants, dès le plus jeune âge, de meilleures chances d'épanouissement et à leurs parents les moyens réels de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale. De la réponse à ces questions dépend le re-décollage de la France. La solidarité en est une condition. L'investissement dans le capital humain, dans la protection sociale, dans des emplois de qualité, ne constitue pas une dépense superflue. Il s'agit au contraire d'accroître notre efficacité collective à sortir la France par le haut. Face à une économie de plus en plus flexible et globalisée, la comparaison de la France avec d'autres pays européens nous montre qu'il existe des marges d'autonomie pour les réformateurs sociaux en faveur d'une intégration plus solidaire. La campagne pour l'élection présidentielle doit être un moment privilégié pour réfléchir ensemble sur les fondements de cette solidarité à réinventer.

Dernier ouvrage paru (collectif, sous la direction de Serge Paugam) : Repenser la solidarité, l'apport des sciences sociales, PUF.

a retrouver là

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inégalités et globalisation

Comment corriger les inégalités ?, par Patrick Artus

LE MONDE | 26.02.07 | 13h56  •  Mis à jour le 26.02.07 | 13h56

n sait que la globalisation génère spontanément et durablement une ouverture des inégalités de revenus dans les grands pays de l'OCDE, par plusieurs mécanismes.

Tout d'abord, elle conduit à la disparition d'une partie importante des emplois ayant des niveaux intermédiaires de rémunération, par exemple dans l'industrie ou dans les services délocalisables (informatique). De ce fait, le marché du travail se concentre aux deux extrémités de l'échelle des qualifications : dans les emplois très qualifiés (conception, management, nouvelles technologies, finance...) ; dans les emplois peu qualifiés (services aux particuliers, distribution, construction) qui sont créés dans les activités non délocalisables. Il y a donc une tendance à concentrer les créations d'emplois sur ceux à revenu élevé et sur ceux à revenu faible, au détriment de ceux à revenu intermédiaire. L'emploi manufacturier a baissé de 15 % à 25 % en dix ans aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Italie et au Japon.

Ensuite, la spécialisation productive normale des pays "avancés" dans les biens sophistiqués fait apparaître une prime pour les salariés qui maîtrisent les techniques correspondantes, c'est-à-dire une inégalité croissante liée au progrès technologique. De plus, les salariés des entreprises internationales, qui ont des marchés et génèrent des profits dans l'ensemble des pays, y compris les émergents en croissance rapide, sont nettement favorisés par rapport aux salariés des entreprises qui n'accèdent qu'aux marchés domestiques en croissance plus faible.

Les profits des sociétés du CAC 40 augmentent de 20 % par an en moyenne, ceux de l'ensemble des entreprises françaises stagnent. Enfin, l'internationalisation des entreprises et la mobilité accrue du travail qualifié conduisent à l'alignement progressif, en Europe continentale, des rémunérations des dirigeants, des cadres des services financiers... sur celles de leurs homologues anglo-saxons. Aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni (aussi en Chine, en Inde), les 0,1 % d'individus au niveau de revenu le plus élevé reçoivent 6 % du revenu national. Le salaire des dirigeants aux Etats-Unis est passé de 30 fois le salaire moyen en 1980 à 180 fois le salaire moyen en 2005.

S'ajoutent à ces inégalités de revenu les inégalités patrimoniales qui résultent de la hausse des prix des actifs (immobiliers, actions) due à l'orientation très expansionniste de la politique monétaire mondiale (avec le soutien de la croissance aux Etats-Unis, en Europe, au Japon) ; due aussi aux interventions de change en Asie et dans les pays exportateurs de matières premières qui accroissent la liquidité mondiale.

Que peuvent faire les gouvernements, en particulier en Europe continentale ? Certains sont tentés par la "taxation des riches" : puisque les inégalités augmentent, on peut opérer de la redistribution en accroissant la taxation des hauts revenus et du capital. Le danger est évidemment la mobilité très forte du travail qualifié, du capital financier, des sièges sociaux, et le risque réel que ces politiques soient totalement contre-productives à moyen terme en conduisant à des délocalisations accrues. Les sociétés du CAC 40 ont réduit de 40 % leurs investissements en France en six ans, et on estime que les 10 000 Français les plus fortunés vivent à l'étranger. La moitié des PME ont un chiffre d'affaires en croissance moyenne nulle, dans beaucoup de cas volontairement.

D'autres sont tentés par la hausse des bas salaires. Cela est certainement nécessaire dans certains cas, en particulier lorsque des salariés ayant de réelles qualifications se trouvent dans des secteurs où les salaires sont anormalement bas (santé, recherche par exemple). Mais la hausse administrée globale des salaires des moins qualifiés n'est pas faisable, car elle réduirait la demande de travail peu qualifié, et parce que de plus en plus le travail non qualifié devient mobile : on s'aperçoit que les flux migratoires en provenance des pays émergents sont croissants, et bien plus importants que ce qu'on pensait, ce qui déprime évidemment les salaires des moins qualifiés. L'immigration représente 1,5 % de la population par an en Espagne, 1 % en Italie, au Royaume-Uni....

On voit que le problème de correction des inégalités dues à la globalisation est loin d'être simple, et qu'il n'y a pas de remède miracle. Où observe-t-on aujourd'hui une accélération des salaires, y compris dans les services protégés ? Aux Etats-Unis ( après une longue phase de stagnation) et au Royaume-Uni ; en Allemagne, où apparemment, en 2007, les salaires vont enfin interrompre leur tendance à la baisse ; en Suède, depuis plusieurs années. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, cela vient de l'importance de la demande de services, qui en fait aussi monter les prix, donc des créations d'emplois dans ces secteurs ; la demande croissante de services émanant elle-même pour une partie importante de la partie de la population qui a des revenus élevés, et au Royaume-Uni de la capacité à exporter des services.

En Allemagne et en Suède, cela vient du retour à la prospérité de l'industrie, avec croissance rapide des exportations, des investissements, des profits, retour de positions dominantes pour les industries allemandes et suédoises dans beaucoup de secteurs. Si on compte les secteurs industriels dans lesquels il y a spécialisation, sur 40 secteurs possibles on en trouve 4 en France, 2 en Italie, 16 en Allemagne, 10 en Suède.

Il y a donc finalement deux stratégies, une stratégie "passive" : laisser les inégalités s'accroître et compter sur la demande des riches pour stimuler à terme l'emploi et les salaires en amenant une tension du marché du travail, y compris pour les emplois peu qualifiés ; une stratégie "active", de restauration de la compétitivité et de retour précisément de la capacité à créer des emplois de niveau de revenu intermédiaire, en particulier par la qualité de la spécialisation productive. Mais il ne faut pas compter sur les stratégies de taxation ou de hausse administrée des bas salaires.

La France pour l'instant n'a choisi ni la stratégie passive (les inégalités s'ouvrent beaucoup moins que dans le monde anglo-saxon) ni la stratégie active (les pertes de parts de marché s'amplifient).


Patrick Artus est membre du Conseil d'analyse économique, directeur de recherche d'Ixis.


Article paru dans l'édition du 27.02.07



http://lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-876346,0.html

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